Cette Semaine nationale de l’action bénévole, du 18 au 24 avril, a pour thème « La valeur de chacun, la force du nombre ». Nous avons demandé au président du conseil d’administration de Centraide United Way Canada, Yuri Fulmer, de réfléchir à ce que signifie, pour lui, le bénévolat et le temps offert à Centraide United Way.

Je me suis lancé dans les affaires tout à fait par hasard. Je travaillais chez A&W lorsque l’entreprise a pris la décision de franchiser ses restaurants. On pouvait faire partie des nombreux employés à quitter l’entreprise ou encore envisager la possibilité d’acheter un restaurant franchisé. Je me suis présenté à la « banque de ma mère » (et à une vraie banque aussi), j’ai rassemblé l’argent et j’ai acheté un petit restaurant A&W à New Westminster, en Colombie-Britannique. C’était le commencement.

Je suis choyé. J’ai grandi dans une famille de la classe moyenne aisée, vivant une vie de classe moyenne aisée. Je suis un homme de race blanche — en cela, je suis l’image même du privilège. Et je me souviens du moment où j’ai eu une soudaine prise de conscience. Je me rendais en voiture à une réunion dans la banlieue de Vancouver. La circulation était épouvantable, et j’étais en retard.

J’écoutais la radio et on y racontait dans un reportage qu’un écolier sur trois dans la banlieue où je me rendais allait à l’école sans avoir déjeuné. Autrement dit, si vous vivez dans cette communauté et que vous donnez à déjeuner à vos enfants, cela signifie qu’un de vos voisins ne peut pas le faire. Mon idée d’une mauvaise journée était d’être assis dans ma voiture climatisée, outré d’être en retard pour une réunion. L’idée que se font certains enfants d’une journée normale est d’aller à l’école sans avoir déjeuné.

Yuri (troisième en partant de la gauche) lors d'un événement Centraide United Way en 2018.

Yuri (troisième en partant de la gauche) lors d’un événement Centraide United Way en 2018.

J’ai alors compris que j’avais la responsabilité d’aider les autres à avoir une vie meilleure, et de rallier mes voisins à faire de même. J’ai fait du bénévolat à la banque alimentaire de Surrey. Un an et demi plus tard, je suis devenu le président de son conseil d’administration. Quelques années plus tard, la banque alimentaire de Surrey était la première banque alimentaire que nous connaissions en Amérique du Nord à répondre entièrement aux besoins nutritionnels des enfants de 0 à 2 ans et des femmes enceintes. J’ai appris qu’une communauté pouvait être ralliée à une cause.

Mon aventure avec United Way a commencé peu de temps après, à Vancouver. En fait, je n’avais aucune idée de ce qu’était United Way — je suis originaire de l’Australie et cette organisation n’existe pas là-bas. J’ai donc vu une annonce dans un journal où l’on indiquait être à la recherche de « représentants délégués », et j’ai pensé que ça pouvait être intéressant. Un « représentant » est un employé prêté par une entreprise ou une personne qui se porte volontaire pour aider l’équipe de campagne à recueillir des fonds, de l’automne à la période des fêtes.

Le rôle de représentant délégué est unique. L’énergie est incroyable. Vous avez 50 personnes provenant d’horizons très divers. Certaines débutent dans leur entreprise, d’autres exercent leurs fonctions à des échelons élevés, d’autres encore sont retraitées et reviennent chaque année. Dans ma cohorte, il y avait un homme qui en était à sa 18e ou 19e année. Il avait plus de 80 ans et se proposait comme représentant délégué chaque année depuis sa retraite.

Cette expérience a été marquante. J’ai pu rencontrer des tas de gens qui se dévouent bénévolement, certains organisent des journées hot-dogs et des ventes de pâtisseries, d’autres épaulent des organismes soutenus par United Way. L’un des aspects les plus intéressants du bénévolat à United Way est qu’il permet de rencontrer des gens qui donnent le meilleur d’eux-mêmes.

Partout au pays, lorsqu’une personne se présente pour devenir bénévole auprès d’un Centraide ou d’un United Way, elle le fait avec le meilleur d’elle-même.

Demandez-vous : « Ai-je été choyé par des choses que d’autres personnes n’ont pas? Si oui, comment puis-je partager ces choses? » Le temps est l’une de ces choses. L’argent en est une autre. La connaissance en est une autre. Ce qu’on offre n’a pas à être énorme. Ça peut simplement être de parler à ses voisins. Ou de confectionner des tartes pour les apporter à ses voisins. Nul besoin de commencer par 20 heures de bénévolat par semaine ou par un don d’un million de dollars. En fait, ça commence par la volonté de faire quelque chose pour rendre sa communauté — le monde, ou les gens autour de soi — meilleure.